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23 juillet, 2007

29 septembre 2007 : quatre heures contre les franchises médicales

Classé sous Evenements — maresistance @ 16:06

 Voici le texte de 29 associations, syndicats, partis politiques, appelant aux quatre heures contre les franchises médiacles en septembre prochain. D’ici là, il s’agit de construire la riposte unitaire la plus large et de porter l’information la plus complète en direction des usagers.

« Professionnels du soin, syndicats, partis politiques, acteurs du monde associatif ou médico-social, mutualistes, représentants des usagers et /ou usagers du système de santé, nous nous mobilisons contre les franchises, pour l’accès aux soins de qualité et à la santé pour tous.

Nous refusons les franchises sur les soins, que veut mettre en place le nouveau gouvernement :

- Appliquer une franchise, c’est ne rien rembourser au patient en dessous d’un seuil annuel de dépenses proposé par le gouvernement et voté par le Parlement.

- Appliquer une franchise, même si elle épargnait les patients bénéficiaires de la CMU, c’est pénaliser les patients aux revenus les moins élevés, c’est aggraver les difficultés d’accès aux soins de ceux qui ne peuvent actuellement se payer une complémentaire, de ceux qui ne le pourront plus car le coût des complémentaires augmentera.

- Appliquer une franchise, c’est rendre impossible, en médecine générale, la pratique du tiers payant, alors que celui-ci est nécessaire pour l’accès aux soins des patients aux revenus les plus modestes.

- Appliquer une franchise, c’est dissuader les patients de se faire soigner pour des maladies apparemment peu sévères mais qui, faute de soins, risquent de s’aggraver ; c’est les inciter à reporter à plus tard les actes de prévention ; c’est l’inverse d’une politique cohérente de santé publique.

- Appliquer une franchise, c’est économiquement inefficace : les forfaits, mis en place ces dernières années, n’ont pas empêché l’accroissement des dépenses de soins car celles-ci sont concentrées sur un petit nombre de personnes à pathologies graves.

La franchise est sensée «  responsabiliser  » les patients, les membres du gouvernement le répètent constamment. C’est dire que pour eux, les Français sont irresponsables… Or, pour être responsable, il faudrait pouvoir s’orienter en connaissance de cause, bénéficier d’un système d’information claire sur l’organisation réelle du système de santé, sur les tarifs pratiqués, sur les pathologies et l’éducation à la santé. C’est loin d’être le cas en France.

La responsabilisation est donc un prétexte, les malades n’étant pas responsables de leurs maladies. La franchise est avant tout un système de pénalisation financière et de culpabilisation, notamment du malade pris en charge à 100%, du cancéreux, du dialysé, du diabétique, de l’accidenté du travail. Ce projet s’inscrit dans une «  culture  » des uns contre les autres, génératrice de haines sociales.

La question de la dépense de soins découle de décisions politiques sur l’organisation du système de soins, du mode de rémunération des professionnels, du type de formation qu’ils reçoivent (indépendante ou non notamment), de la mise en place d’actions de prévention et d’éducation à la santé, d’actions sur les conditions de vie des gens, sur la santé au travail et environnementale, sur le bien manger…

L’instauration de franchises, la généralisation des dépassements d’honoraires par la création d’un secteur optionnel, aboutirait à l’abandon progressif d’un système d’Assurance maladie solidaire, dans lequel chacun cotise selon son revenu et est soigné selon son état de santé ; ce serait la mise en place d’un système assurantiel privé favorable à la croissance des inégalités sociales de santé.

S’opposer aux franchises est le premier pas pour construire un système de santé plus juste.

Réussir la mobilisation du 29 septembre, c’est permettre ensuite, s’il n’y a pas abandon par le gouvernement de cette proposition injuste, d’engager, dans la deuxième quinzaine d’octobre, des manifestations décentralisées dans toute la France ».

SIGNATAIRES DU COLLECTIF NATIONAL : AMUF : Association des Médecins Urgentistes de FranceAppel contre la Franchise Association Nationale des Médecins Référents (AMedRef)ATTAC France Collectif «  La Santé n’est pas une marchandise  »CDDSP75

CGT de l’administration centrale des Affaires sociales

Convergence Nationale des Collectifs de Défense et de Développement des  Services publics 

CoMéGas : Collectif des Médecins Généralistes pour l’Accès aux Soins

Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité

Fondation Copernic

FSU

LCR

Mars-Gauche républicaine

MRC

Parti Socialiste

PCF

Retraité(e)s Sud Solidaires de Loire-Atlantique et Vendée

Résistance sociale

SMG : Syndicat de la Médecine Générale 

SNICS-FSU

UFAL: Union des Familles laïques

UNAM :Union Nationale Alternative Mutualiste

Union Syndicale SOLIDAIRES

Union Fédérale SUD Protection Sociale

Union fédérale Sud Santé Sociaux  

UNGMS :Union Nationale des Groupements Mutualistes  Solidaires

UNRPA : Union Nationale des Retraités et des personnes âgées

USP : Union Syndicale de la Psychiatrie 

16 juillet, 2007

Appel du Syndicat de la Magistrature : durcissement de la répression.

Classé sous coup de colere — maresistance @ 18:12

Le projet de loi tendant à durcir la répression contre les délinquants récidivistes sera le premier texte déposé au parlement par le nouveau gouvernement. Nicolas Sarkozy avait fait de l’instauration de peines planchers et du durcissement de la réponse judiciaire envers les mineurs délinquants l’une des promesses phares de sa campagne électorale.

Taxés de laxisme, les juges devaient être encadrés afin des’assurer d’une réponse judiciaire sévère envers les récidivistes. La nouvelle ministre de la Justice a repris à son compte le texte déjà écrit par l’équipe de campagne du candidat Sarkozy. Il sera le premier voté par la nouvelle assemblée. Il prévoit la mise en place de peines planchers dès la commission en récidive d’un délit puni de trois ans d’emprisonnement et s’applique à tous, dès l’âge de 13 ans.

Ainsi, pour une récidive de vol, la peine plancher est d’un an d’emprisonnement, abaissée à 6 mois pour les enfants de 13 à 18 ans. L’article 3 du texte s’attaque quant à lui au principe de l’atténuation de peine pour les mineurs. Ce principe à valeur constitutionnelle (qui divise par 2 la peine encourue), peut être écarté dès la première récidive par la juridiction des mineurs et son application devient l’exception dés le troisième fait de violence commis par un adolescent de 16 à 18 ans.

Ainsi, un adolescent de 16 ans condamné deux fois pour un vol à l’arraché de téléphone portable devra par principe, la troisième fois, être condamné à une peine minimale de 2 ans d’emprisonnement. Peu importe la réelle gravité des faits commis comme la personnalité de l’auteur, le texte foule au pied le principe d’individualisation de la peine qu’il relègue au rang de simple exception. La justice pénale devient alors une machine à punir indifférente aux réalités des personnes qu’elle est amenée à juger.

Animé d’une volonté de produire des effets dissuasifs par un affichage de fermeté, ce texte, pour ne pas encourir de censure par le Conseil constitutionnel, a dû concéder à l’État de droit le maintien d’un pouvoir d’appréciation pour le juge.

Ainsi, les juridictions pourront déroger au prononcé de la peine plancher mais dans des cas limités encore réduits à la seconde récidive où les juges devront alors reconnaître au délinquant des garanties exceptionnelles de réinsertion.

Nous dénonçons l’esprit particulièrement régressif de ce texte qui fait de la peine d’emprisonnement le centre de la réponse pénale. L’objectif de dissuasion qu’il poursuit nous apparaît totalement illusoire et même contre-productif. Les prisons françaises, nous le savons, ne sont pas le lieu où l’on réinsère mais un lieu où l’exclusion et la violence aggravent souvent les problématiques des plus fragiles.

Or, mécaniquement, ce projet de loi est une machine à créer de l’enfermement à un moment où la France atteint un taux d’incarcération inégalé depuis 1945. La peine de mort n’a jamais dissuadé du crime et les systèmes étrangers qui ont choisi de recourir aux peines planchers n’ont jamais démontré leur capacité à lutter contre la délinquance.

La lutte contre la récidive est une nécessité et nous y adhérons si la sanction s’inscrit dans la prise en charge de ceux qui ont enfreint la loi.

Nous n’acceptons pas le renoncement à l’éducation de nos enfants, fûssent-ils délinquants récidivistes. Nous considérons qu’afficher la prison comme seule réponse aux malaises de nos adolescents violents marque l’échec de notre société à les accompagner vers l’insertion sociale.

Depuis de nombreuses années, les moyens donnés aux secteurs social et éducatif fondent comme neige au soleil, traduisant une volonté politique déterminée d’affecter tous les crédits au secteur carcéral. Ainsi, lorsqu’un juge des enfants ordonne une mesure d’assistance éducative pour un enfant en danger, il doit le plus souvent attendre des mois pour que la mesure soit effectivement mise en oeuvre. De la même façon, les juges de l’application des peines et les services pénitentiaires d’insertion et de probation qui sont chargés de la mise en place des mesures alternatives à la prisons prononcées par les tribunaux, n’ont pas été dotés des moyens à la hauteur de leurs missions.

Dans ce contexte, constater l’échec de l’éducatif pour durcir le système répressif relève de l’escroquerie et confine à la caricature.

C’est un choix de société que nous ne pouvons admettre.

Nous appelons tous ceux qui partagent notre vision d’une société solidaire et responsable à s’unir contre ce projet de loi.

Air France /RESF

Classé sous Solidarité — maresistance @ 17:41

Plusieurs syndicats d’Air France-KLM (CGT, CFDT, CFTC, Sud Aérien et des syndicats de pilotes

SPAF et ALTER) et le Réseau éducation sans frontières (RESF) ont tenté vainement jeudi 12 juillet

de convaincre direction et actionnaires réunis en assemblée générale à Paris de refuser l’utilisation

des avions du groupe pour l’expulsion des sans-papiers. Le 5 juillet, les 12 élus unanimes du Comité

central d’entreprise (Cce) avaient adopté un voeu aux actionnaires par lequel ils leur demandaient

« de se prononcer pour l’arrêt de l’utilisation des avions du groupe pour les expulsions d’étrangers qui nuisentà l’image de la compagnie et à la sécurité des vols ». Cette motion a été lue jeudi 12 juillet par

Pascal Zedikian, représentant CGT des salariés au conseil d’administration, au cours de l’assemblée

générale, en présence du PDG, Jean-Cyril Spinetta. Lequel a répondu que les compagnies aériennes

doivent normalement, lorsque l’État le demande et lorsque les procédures ont été accomplies,

prêter leur concours à l’exécution de ces décisions, à une exception, celle de la « sécurité des bienset des personnes ». M. Spinetta a toutefois ajouté que si « la sécurité des biens et des personnes » venait à être « mise en cause »,

le commandant de bord pouvait refuser à bord un expulsé et que le PDG pouvait décider d’interrompre les reconductions,

comme il l’avait fait pendant quelques semaines en 1998 pour les vols vers le Mali suite à des incidents.

4 juillet, 2007

Gauche : à quoi sert de survivre si c’est pour ne plus rien changer !

Classé sous coup de colere — maresistance @ 18:45

Réponse à Cohn-Bendit, Zaki Laïdi, et les autres… qui dans leurs tribunes à Libération exhortent la gauche à changer dans un sens libéral sous peine de mourir !

La défaite est sévère. Certains seront tentés, comme en 2002, de refermer le couvercle sur les raisons profondes de l’échec et d’attendre tranquillement la prochaine échéance électorale. L’heure est au contraire à la réflexion et à l’action pour contribuer à une refondation. C’est en effet à un réarmement idéologique, politique, culturel, et à une clarification d’orientation qu’il faut s’atteler à gauche.
Après cinq ans de pouvoir d’une droite dure, le « sortant » Nicolas Sarkozy aura réussi à faire oublier les politiques brutales de démantèlement social et démocratique dont il aura été un acteur essentiel et à se faire passer pour un homme « neuf » prônant la « rupture ». Ne sous-estimons pas sa méthode : depuis dix ans, il affirme sa fierté d’être à droite, il travaille à la cohérence d’une idéologie, d’un discours et d’une perspective agrégeant les diverses valeurs de la droite, mariant ultralibéralisme et autoritarisme, « laisser faire » économique et ordre sécuritaire et identitaire. Il n’a pas dévié de cette ligne ; il en recueille les fruits.
Nous savons ce qui nous attend : une politique de contre-révolution libérale et conservatrice. Sur tous les terrains, il va falloir résister, pied à pied. Mais la lutte sera d’autant plus efficace qu’elle pourra s’appuyer sur une amorce d’alternative globale. On conteste d’autant plus et mieux que l’on sait par quoi remplacer ce que l’on refuse.
L’heure du choix d’orientation à gauche est clairement venue. Certains disent aujourd’hui que l’échec provient de la division de la gauche et de son insuffisante adaptation au libéralisme. Selon eux, il faudrait donc la rassembler autour d’une politique dite « réaliste », renonçant à contester l’ordre capitaliste, préparant les alliances au centre. Mais cette option, nourrie d’autres expériences européennes, a été au coeur de la campagne socialiste depuis quelques mois ! Ne tirant aucune leçon du 21 avril 2002, Ségolène Royal, aura tenu un discours de facture libérale sur le « goût du risque », « l’esprit d’entreprendre », le refus de « l’assistanat », la réconciliation avec le profit, allant jusqu’à disputer à Sarkozy une part du discours sécuritaire et identitaire. Ce parti pris, accentué entre les deux tours, a désorienté l’électorat de gauche. Nous sommes convaincus que c’est l’une des clés de la défaite. L’adaptation sociale-libérale et l’ouverture au centre n’ont rien produit de bon, ni en France ni ailleurs en Europe. Cela a nourri les échecs des politiques menées par la gauche et le désarroi populaire depuis plus de vingt ans .
Nous pensons que la gauche ne renouera avec les catégories populaires que si elle contribue à construire avec elles une alternative moderne, crédible et mobilisatrice. C’est en refusant la fatalité libérale que le mouvement populaire a retrouvé son allant dans la dernière décennie. C’est parce que la gauche de gauche n’a pas offert de prolongement unitaire à la campagne du « Non » au référendum européen et aux mobilisations sociales, qu’elle n’a pas été en mesure de peser sur le débat électoral et d’empêcher la droitisation des thèmes de campagne. Elle a, au total, réalisé, son plus mauvais score électoral depuis vingt ans, affaiblissant en conséquence la mobilisation de la gauche tout entière.
L’urgence est certes de se rassembler pour faire front, et ce dès les législatives, mais aussi de reprendre l’offensive sur le terrain des idées et des propositions autour de contenus transformateurs et attractifs.
Une gauche molle n’est pas l’outil politique adéquat face à la contre-révolution libérale ; quant à une « petite » gauche, elle serait cantonnée au rôle d’aiguillon minoritaire d’un social-libéralisme hégémonique. C’est à une refondation qu’il faut s’atteler, de la gauche, d’une gauche qui soit à gauche. Une gauche qui assume sans complexe sa vocation à répondre aux attentes populaires. Une gauche fidèle à ses valeurs et qui se renouvelle. Une gauche qui cesse de se dérober à la rupture avec l’ordre libéral et capitaliste dominant. Une gauche qui ne cherche pas son salut dans des alliances à droite ou le « dépassement des clivages ». Une gauche qui mette l’émancipation individuelle et collective au cœur de son projet et vise la conquête de nouveaux droits et libertés. Une gauche qui donne la priorité à la satisfaction des besoins du plus grand nombre, qui relève le défi du partage des richesses et des pouvoirs, qui défende un nouveau modèle de développement respectueux des équilibres écologiques, qui replace la souveraineté populaire au cœur de ses propositions pour la France et pour l’Europe.
Ce projet peut et doit l’emporter demain à gauche. C’est la condition d’une future victoire sur la droite et sa politique. Regardons autour de nous, sans nous engluer dans la déprime ou les rancœurs. Il y a celles et ceux qui se sont retrouvés derrière les candidatures d’Olivier Besancenot, de José Bové ou Marie-George Buffet. Il y a ces collectifs unitaires antilibéraux qui, localement, ne se sont pas résignés à l’échec de l’unité antilibérale. Il y a les acteurs sociaux qui savent combien l’absence d’alternative politique pèse sur l’issue de leurs luttes. Il y a les forces intellectuelles et culturelles critiques qui ne demandent qu’à être utiles au champ politique. Il y a, très nombreux, celles et ceux qui, socialistes, écologistes, républicains de gauche, d’autres encore, dans la jeunesse notamment, partagent la nécessité de reconstruire une gauche loin de toute normalisation social-libérale. Notre défi commun est clair : nous avons échoué pour n’avoir pas su agréger dans une visée commune toutes ces énergies antilibérales et transformatrices ; nous ne réussirons qu’en les rassemblant, dans leur diversité, sans nier leurs différences, en valorisant la part immense qui leur est commune.
La gauche doit enfin tirer le bilan de 25 ans de renoncement à être elle-même. Nous devons, très vite, redresser la tête pour résister et réfléchir ensemble : à ce qui nous est arrivé, à ce que nous voulons tous ensemble qu’il advienne. Nous avons besoin d’espaces partagés pour penser, converger, débattre, agir.
A l’automne, partis et courants politiques, collectifs et comités, tiendront congrès, assises, colloques… Au-delà, pour refonder une gauche de gauche, des convergences seront nécessaires. Pour rassembler de façon très large toutes les forces attachées à la transformation sociale, il faut entamer un processus de rapprochement pouvant déboucher sur un moment fort du type États-Généraux. Nous versons cette perspective au débat.
Après la défaite, l’heure pour la gauche est d’être maintenant, à gauche !
Le 10 mai 2007

Eric COQUEREL (président Mars Gauche Républicaine) – Claude DEBONS (ex-coordinateur collectifs du 29 mai)) – Charlotte GIRARD (secrétaire nationale PRS) – François LABROILLE (élu régional IDF Alternative Citoyenne) – Patrice LECLERC (conseiller général communiste 92) – Jacques LERICHOMME (syndicaliste) – Claude MICHEL (syndicaliste) – Christian PICQUET (LCR Unitaire) – Catherine TRICOT (communiste unitaire) – José TOVAR (syndicaliste).

Les adolescents ne sont pas des adultes.

Classé sous coup de colere — maresistance @ 18:34

Un des premiers projets de loi, présenté à l’assemblée nationale dès Juillet 2007, conduit à faire juger les adolescents âgés de 16 à 18 ans, comme des majeurs, en cas de récidive. Ces adolescents seront traités comme des adultes. Des professionnels de l’enfance, magistrats, avocats, pédopsychiatres, éducateurs, enseignants, spécialistes de la jeunesse lancent un appel pour que soit conduite une évaluation des politiques publiques, en concertation avec tous les acteurs concernés, et que soient attribués des moyens sérieux aux politiques qui permettent l’éducation de ces adolescents.

Si vous souhaitez vous associer à l’appel si-dessous :
adresse : http://www.appel-adolescents.org

L’adolescence est l’âge de tous les possibles. C’est aussi l’âge de tous les défis, des prises de risques, de l’entraînement réciproque. Le nombre des suicides, d’accidents de la circulation, de violences subies, et la surconsommation d’alcool ou de drogues sont les signes de la fragilité de cet âge

Une petite minorité s’engage dans la délinquance, parfois avec violence. Devons nous traiter ces adolescents délinquants comme des adultes, alors qu’aucun débat n’a eu lieu sur l’age de la majorité, et vouloir les envoyer, plus nombreux encore, en prison ?

Cela peut être l’effet du projet de loi présenté par le gouvernement, qui entend faire juger les adolescents âgés de 16 à 18 ans comme des adultes, et durcir les peines de prison, en cas de récidive. En l’état du texte, par exemple, un vol de portable, commis après deux précédents vols, pourra conduire, sauf exception, un adolescent de 16 ans pendant deux ans en prison, peine plancher minimum. Il en résultera une augmentation importante du nombre d’adolescents détenus.

Aujourd’hui, en France, 15 millions de jeunes poursuivent des études au delà de 20 ans, vivent en couple à 25 ans, ont un premier enfant à 30 ans. La prolongation des études et aussi l’accès difficile à un premier emploi, retardent, pour tous les jeunes, l’entrée dans la vie adulte. Sur ces 15 millions de jeunes, 15 000 d’entre eux âgés de 16 et 17 ans sont interpellés plusieurs fois dans l’année. La plupart de ces adolescents sont déscolarisés depuis l’age de 14 ans, sans qualification ; ils ne parviennent pas à accéder à un premier emploi. Se percevant comme inutiles, humiliés par les échecs répétés, ils «traînent», provoquent, commettent ensemble la plupart de leurs infractions. Ce sont ces adolescents qui, seuls, seraient traités comme des adultes ? Ce sont ces adolescents pour lesquels la France abandonnerait tout effort d’éducation? Trois mille trois cent cinquante d’entre eux ont été en prison en 2006. Faire de l’enfermement la seule réponse « automatique » à la délinquance des mineurs est une impasse ; dangereuse pour les adolescents, à cet âge de la vie, et inefficace pour la société quand nous connaissons l’importance de la récidive à la sortie de prison.

D’autres sanctions existent, qui réparent sans exclure, et permettent un nouveau départ. Nous devons aussi oser nous engager dans la réussite des programmes éducatifs, des internats éducatifs qui structurent ces adolescents, des classes relais, des centres de jour, des maisons des adolescents, qui les inscrivent dans un projet. Leur efficacité est démontrée. Elle serait encore plus forte si elle était appuyée par des budgets à la hauteur de ces enjeux.

A l’heure de l’ouverture politique et de la modernisation proclamée, nous demandons un moratoire sur le texte en projet, l’ouverture d’un « Grenelle de l’adolescence » pour mener un débat serein sur la délinquance des adolescents, une évaluation des politiques publiques et des réformes législatives successives, pour dégager un consensus sur l’insertion de tous les jeunes.Conscients de notre responsabilité d’adultes, nous souhaitons que l’adolescence fasse l’objet d’une politique audacieuse de la jeunesse, à la mesure des espoirs et des fragilités dont est porteuse cette période de la vie.

2 juillet, 2007

L’Electricité libre jusqu’à l’absurde

Classé sous coup de colere — maresistance @ 8:06

Article publié dans LE MONDE | 29.06.07

Le 1er juillet, la France achèvera le processus de libéralisation de l’électricité. Après les entreprises et les professionnels, ce sera au tour des particuliers de goûter aux délices de l’ouverture à la concurrence. Mais le plat risque de ressembler plus à de la junk food qu’à une création gastronomique.

Le bilan de l’ouverture à la concurrence s’avère en effet catastrophique et ce, quel que soit le pays. Entre 2001 et 2006, les prix du marché ont connu une envolée spectaculaire : 39 % en Espagne, 49 % en Allemagne, 67 % en Finlande, 77 % en Suède, 81 % au Royaume-Uni et 92 % au Danemark ! En France, les entreprises qui ont choisi de quitter les tarifs réglementés de service public ont vu leur facture d’électricité augmenter en moyenne de 76 % sur la même période, quand les tarifs d’EDF restaient à peu près stables.

De nombreux industriels réclament d’ailleurs la possibilité de réintégrer l’univers des tarifs réglementés. Situation si inconfortable que le gouvernement français a complété la loi de décembre 2006 relative au secteur de l’énergie par une disposition permettant un retour partiel aux tarifs réglementés pour les industriels insatisfaits !

Nous sommes donc dans une situation paradoxale. L’ouverture à la concurrence permet de faire baisser les prix, nous disent les bons apôtres du néolibéralisme. Cet argument avait déjà été mis à mal lors de la libéralisation d’autres secteurs relevant auparavant des services publics en réseaux, comme par exemple les télécommunications. Dans ces secteurs, la libéralisation a signifié la fin de la péréquation tarifaire qui avait historiquement permis que les prestations les plus rentables financent celles qui le sont peu ou pas du tout.

L’ouverture à la concurrence a donc entraîné « un rééquilibrage tarifaire », selon l’expression savoureuse de la Commission européenne, avec une baisse de prix pour les gros consommateurs, en particulier les entreprises, la grande masse de la population voyant, au contraire, ceux-ci s’envoler. Les zélateurs de la libéralisation expliquaient que « ce rééquilibrage tarifaire » permettrait aux entreprises de baisser leurs prix, les particuliers étant donc gagnants sur le long terme. On ne peut ici que reprendre ce que disait Keynes aux économistes libéraux de son époque : « Sur le long terme, on sera tous morts. »

On savait après les premières libéralisations dans les services publics que la promesse d’une baisse des prix relevait de la pure propagande pour la grande majorité de la population. Dans le cas de l’électricité, même la plupart des entreprises n’en profiteront pas ! On a là un exemple parfait de l’application dogmatique des préceptes néolibéraux.

Mais ce n’est pas tout. L’ouverture à la concurrence pousse au sous-investissement, ce d’autant plus qu’elle s’accompagne d’une privatisation des opérateurs publics. Investir dans les services en réseaux coûte cher. Dans le cas de l’électricité, cela coûte d’autant plus cher qu’il faut investir dans des moyens de production pour lesquels le retour sur investissement prend beaucoup de temps. On est donc loin de la logique à court terme du capitalisme financier. La volatilité des prix sur le marché de l’électricité et l’absence de visibilité sur leur évolution renforcent encore cette tendance au sous-investissement, qui produit inévitablement des ruptures d’approvisionnement des usagers.

De plus, l’électricité ne se stocke pas. Il faut donc en permanence ajuster l’offre à la demande. Cet équilibre n’était déjà pas simple à assurer avec un seul opérateur. Il devient très compliqué avec l’ouverture à la concurrence quand se multiplient les intervenants, surtout quand ceux-ci ont comme première préoccupation la rentabilité financière. Le risque est donc très important qu’un déséquilibre dans le réseau s’avère impossible à gérer.

Enfin, le transport de l’électricité s’effectue avec des pertes en lignes importantes. Il est donc absurde économiquement et écologiquement de produire de l’électricité dans un pays pour aller la vendre à des milliers de kilomètres de là. L’ambition d’un « grand marché européen de l’électricité », portée par la Commission européenne, est une absurdité dangereuse.

Plus les réseaux sont interconnectés et plus les risques de dysfonctionnement majeur liés au sous-investissement et aux ruptures d’équilibre dans le réseau s’aggravent. Le cas de la Californie est emblématique, mais n’est pas unique. Les pannes géantes en Espagne, en Italie et, en novembre 2006, à travers l’Europe en sont les manifestations les plus visibles.

La libéralisation est enfin incompatible avec l’objectif prioritaire de sobriété énergétique indispensable pour commencer à résoudre la crise écologique : aucune entreprise ne souhaite voir baisser son chiffre d’affaires et n’a donc intérêt à ce que la consommation diminue ! Au moment où le débat énergétique devient un enjeu citoyen intégrant à la fois les questions du réchauffement climatique, du développement durable et du principe de précaution, on peut douter que la concurrence soit le meilleur moyen d’ouvrir ce débat et de le mener démocratiquement.

Tous ceux qui se sont, un minimum, penchés sur ce dossier savent tout cela. Cette analyse n’est plus vraiment contestée aujourd’hui. Et pourtant la Commission européenne ne renonce pas, et les gouvernements suivent. Sur ce sujet, la « rupture » promise par Nicolas Sarkozy attendra… à moins que, dans les jours qui viennent, la raison l’emporte et que le gouvernement proclame un moratoire sur le processus de libéralisation. Ne rêvons cependant pas, les apôtres du néolibéralisme ont montré qu’ils ne s’encombraient pas du principe de réalité.

Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU ;

Bernard Defaix, président de la Convergence pour les services publics ;

Pierre Khalfa, secrétaire national de l’Union syndicale Solidaires ;

Marc Mangenot, Fondation Copernic ;

Christiane Marty, membre du Conseil d’administration d’Attac.