Ultrarésistance

12 décembre, 2007

Etre élève de LP aujourd’hui

Classé sous coup de colere — maresistance @ 19:19

Le mécontentement prend de l’ampleur dans les Lycées Professionnels contre la suppression des BEP et la mise en place de Bac pro 3 ans. Je vous propose une analyse intéressante de la Ligue de l’enseignement.

« Que nous disent les élèves de lycées professionnels qui manifestent ? Tout d’abord, ils manifestent, s’expriment publiquement  – ce qui n’est pas si courant – et s’inquiètent pour leur avenir… individuel et collectif. Ces jeunes et leurs familles savent bien que ce n’est pas l’annonce d’un passage à 3 ans qui donnera au baccalauréat professionnel une égale dignité aux yeux de l’opinion publique. La vraie question est celle des débouchés et des passerelles : quelle(s) porte(s) ce baccalauréat ouvrira-t-il ? On pourrait poser la même question pour les bacs technologiques qui se voient fermer depuis longtemps la porte des IUT qui leur étaient destinés à l’origine. Cette question des passerelles vaut aussi pour le Bep, appelé selon la réforme à disparaître. Pour beaucoup de jeunes que l’on met en demeure de choisir plus tôt que les autres, le Bep, n’est pas seulement un diplôme, c’est aussi une étape intermédiaire (réparatrice ?) du parcours scolaire : deux ans, c’est toujours moins que trois. Après le Bep, il est à nouveau possible de choisir une première technologique. Avec la réforme, on enterre les premières d’adaptation en lycée technologique.

Ce qui caractérise les lycéens professionnels par rapport aux autres lycéens, c’est la forte proportion de jeunes qui travaillent déjà ! C’est à la fois un moyen de financement complémentaire des études ou de la vie familiale et un mode de socialisation. Ce n’est pas un phénomène nouveau. Mais le système éducatif peine à prendre la mesure des aménagements consentis par les jeunes pour aller « le plus loin possible » comme les adultes qui les entourent le leur demandent. Pour cela aussi la densification de l’enseignement leur paraît hors de portée.

Les familles, principal creuset où se dépose la mémoire des parcours scolaires, sont sensibles à l’évolution de la carte des formations. Reconfigurer les baccalauréats professionnels fait écho aux évolutions récentes qu’ont connu les établissements : des sections, des filières ont été supprimées pour des raisons fort diverses (filières à faibles débouchés, remplacement par l’apprentissage, baisse démographique) et des familles n’acceptent pas que des perspectives anciennes se bouchent. Enfin, les établissements se sont construit une identité qui est un repère pour les familles. De ce point de vue, la stabilité de la carte des formations et l’accès à la mobilité géographique sont des enjeux forts.

L’Education nationale devrait plutôt s’appuyer sur l’expérience construite par les lycées professionnels au moment où l’on se penche sur l’exigence d’un socle commun… La notion de compétence a déjà été travaillée par les enseignants à travers des référentiels de diplômes. La pratique de l’interdisciplinarité ne se réduit pas à la présence d’enseignants bivalents, mais correspond à des croisements de disciplines. Les projets pluridisciplinaires à caractère professionnel peuvent aussi en témoigner. L’expérience du contrôle en cours de formation devrait être regardée avec attention. Il conviendrait de regarder dans quelle mesure les périodes de formation en entreprise pourraient concourir à consolider les piliers 6 et 7 du socle commun.

Et si l’on profitait justement de ce moment où les élèves de lycées professionnels s’expriment pour regarder précisément ce qui s’y passe ? On ne peut honnêtement le faire en mettant les élèves et leurs enseignants dans une situation d’incertitude sur l’avenir. »

Olivier Masson

Secteur Education de la Ligue de l’Enseignement..

Laisser un commentaire

La vie elle belle |
RETOUR CARTOUCHES VIDES |
oser |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Tu l'as dit, Souris!
| Pensées Libres...
| Le blog de la procrastinati...