Ultrarésistance

4 septembre, 2007

CHIFFRES DU CHOMAGE : TOUJOURS DANS L’ILLUSION

Classé sous coup de colere — maresistance @ 15:58

 

Collectif « Autres Chiffres Du Chômage »

Communiqué de presse du 29 août 2007

 

Après être passé sous les 2 millions en mai, les chiffres du chômage pourraient

passer pour juillet sous un nouveau prétendu seuil historique, celui de 8%. Mais

ces performances ne sont qu’illusion. Comme le rappelle l’Insee, le taux de

chômage publié n’est pas conforme à la méthodologie habituelle. Il est donc

dénué de signification. Une information fournie discrètement par l’Insee dans

sa note de conjoncture de juin, et passée curieusement inaperçue, le confirme

clairement: l’enquête Emploi a mesuré un taux de chômage de 9,4% pour le 1er

trimestre 20071. Rappelons que cette enquête est la seule source qui permette

de calculer le chômage au sens du BIT. Celui-ci se situe donc au moins un point

au dessus des proclamations gouvernementales.

1. L’Insee et la Dares ont publié fin juillet un chiffre du chômage pour juin 2007, qui

s’établissait à 8,0 %. Les chiffres de juillet pourraient fort bien passer sous cette

barre symbolique et constituer une nouvelle occasion pour le gouvernement de se

réjouir d’une baisse qui serait effectivement « historique » si elle n’était illusoire.

Depuis le printemps, les chiffres officiels sont publiés accompagnés d’un

avertissement rappelant qu’ils ne sont pas conformes à la méthodologie habituelle :

la direction de l’Insee n’a pas recalé les estimations provisoires sur les résultats de

l’enquête Emploi de 2006. Si elle l’avait fait, le taux de chômage fin juin 2007

s’établirait officiellement à 8,9%.

2. Mais ce chiffre de 8,9% est probablement encore trop optimiste : la dérive des

chiffres de l’ANPE, liée à la gestion « active » de la liste que mène sa direction

depuis mi 2005, s’est vraisemblablement poursuivie, entraînant mécaniquement à la

baisse le taux de chômage publié par l’Insee. Le suivi mensuel des demandeurs

d’emploi a poursuivi sa montée en charge, ainsi que le renforcement des contrôles.

Une étude de l’Unedic sur le contrôle de la recherche d’emploi en 2006, encore non

publiée, montrerait (selon Les Echos du 20/07/07) un triplement des sanctions à

l’initiative des Assedic, suite à la réforme Borloo-Larcher de 2005. En tout cas les

statistiques de l’ANPE confirment que le risque de radiation des demandeurs

d’emploi a atteint un niveau record début 2007.

 

3. Comme ACDC l’a expliqué en détail dans sa note n°2 (« Chômeurs et chiffres sous

pression », janvier 2007), cette hausse des radiations ne concerne ni des chômeurs

qui ont retrouvé un emploi, ni des « faux » chômeurs qui ne rechercheraient pas

réellement un emploi. Elle est au contraire le signe d’une politique qui pousse les

chômeurs à la résignation et au découragement en privilégiant le contrôle et un

semblant de suivi au détriment de la formation et de l’accompagnement. Voyant

moins d’intérêt à rester inscrit, d’autant que les droits à indemnisation du chômage

ont été fortement réduits, le demandeur d’emploi renonce plus souvent à maintenir

son inscription… tout en restant chômeur.

4. C’est précisément ce que confirmait l’Insee dans son point de conjoncture de juin

en livrant les résultats de l’enquête Emploi pour le premier trimestre 2007. Selon

cette enquête, le taux de chômage était de 9,4% au premier trimestre, et la

proportion de chômeurs inscrits à l’ANPE a fortement diminué en 2006 :

« Au premier trimestre de 2007, et en attendant la révision des données de

l’enquête à l’automne 2007, le taux de chômage s’élèverait à 9,4 % selon l’enquête

Emploi (données corrigées des variations saisonnières), soit le même niveau qu’au

quatrième trimestre 2006. (…) L’écart constaté en 2006 entre l’enquête Emploi et

les données de l’ANPE continue donc de s’accroître début 2007 (…) Le taux

d’inscription des chômeurs à l’Agence a diminué régulièrement, d’environ 0,75 point

par trimestre, depuis la mi-2005. Ce taux serait ainsi passé de 82%au second

trimestre de 2005 à 77% au premier trimestre de 2007. Ceci explique une partie

des écarts entre l’évolution des demandeurs d’emploi à l’ANPE et celle des chômeurs

BIT ». L’Insee confirme donc ainsi le bien-fondé de nos analyses, en attendant

l’inévitable recalage à la hausse du taux de chômage officiel, prévu pour novembre

prochain.

5. Rappelons enfin que l’indicateur officiel sur le nombre de demandeurs d’emploi

inscrits à l’ANPE n’a lui-même aucun intérêt puisqu’il se limite à compter le nombre

de personnes recherchant un contrat à durée indéterminée à temps plein, n’ayant

pas exercé de petits boulots de plus de 78 heures dans le mois. Or, depuis des

années, le marché du travail est devenu précaire, les temps partiel, les contrats à

durée déterminée et l’intérim, monnaie courante, poussant les demandeurs d’emploi

à multiplier les petits boulots. Comme nous l’avons à maintes reprises indiqué depuis

notre note n°1 de décembre 2006, on ne peut prétendre que l’indicateur n’a pas

changé depuis des années, alors que les « DEFM de catégorie 1 » ne représentent

plus que 49% des inscrits contre plus de 90% au début des années quatre-vingt.

6. La ministre Christine Lagarde a annoncé que les publications officielles

présenteraient désormais les catégories 4 et 5 à partir des chiffres de septembre.

C’est un premier pas qui demeure tout à fait insuffisant. A la suite des Etatsgénéraux des chiffres du chômage et de la précarité, nous demandons la publication

trimestrielle du taux de chômage BIT selon l’enquête Emploi et l’élaboration

d’indicateurs annuels de précarité et d’emploi inadéquat qui permettraient de

décrire et de mettre en débat les évolutions récentes du marché du travail. Le

président Sarkozy, dans sa lettre de mission adressée à Mme Lagarde, lui demande

de mettre en place des « indicateurs de résultats » permettant de décrire

« notamment la baisse du chômage et, plus encore, l’augmentation du taux d’emploi

dans toutes les catégories de la population en âge de travailler et la baisse de la

précarité du travail ». Nous ne savons pas si le chômage baisse, et nous sommes

certains que la précarité augmente (cf. les records historiques de l’intérim). Mais il

est en effet urgent de créer des indicateurs crédibles et pertinents.

16 juillet, 2007

Appel du Syndicat de la Magistrature : durcissement de la répression.

Classé sous coup de colere — maresistance @ 18:12

Le projet de loi tendant à durcir la répression contre les délinquants récidivistes sera le premier texte déposé au parlement par le nouveau gouvernement. Nicolas Sarkozy avait fait de l’instauration de peines planchers et du durcissement de la réponse judiciaire envers les mineurs délinquants l’une des promesses phares de sa campagne électorale.

Taxés de laxisme, les juges devaient être encadrés afin des’assurer d’une réponse judiciaire sévère envers les récidivistes. La nouvelle ministre de la Justice a repris à son compte le texte déjà écrit par l’équipe de campagne du candidat Sarkozy. Il sera le premier voté par la nouvelle assemblée. Il prévoit la mise en place de peines planchers dès la commission en récidive d’un délit puni de trois ans d’emprisonnement et s’applique à tous, dès l’âge de 13 ans.

Ainsi, pour une récidive de vol, la peine plancher est d’un an d’emprisonnement, abaissée à 6 mois pour les enfants de 13 à 18 ans. L’article 3 du texte s’attaque quant à lui au principe de l’atténuation de peine pour les mineurs. Ce principe à valeur constitutionnelle (qui divise par 2 la peine encourue), peut être écarté dès la première récidive par la juridiction des mineurs et son application devient l’exception dés le troisième fait de violence commis par un adolescent de 16 à 18 ans.

Ainsi, un adolescent de 16 ans condamné deux fois pour un vol à l’arraché de téléphone portable devra par principe, la troisième fois, être condamné à une peine minimale de 2 ans d’emprisonnement. Peu importe la réelle gravité des faits commis comme la personnalité de l’auteur, le texte foule au pied le principe d’individualisation de la peine qu’il relègue au rang de simple exception. La justice pénale devient alors une machine à punir indifférente aux réalités des personnes qu’elle est amenée à juger.

Animé d’une volonté de produire des effets dissuasifs par un affichage de fermeté, ce texte, pour ne pas encourir de censure par le Conseil constitutionnel, a dû concéder à l’État de droit le maintien d’un pouvoir d’appréciation pour le juge.

Ainsi, les juridictions pourront déroger au prononcé de la peine plancher mais dans des cas limités encore réduits à la seconde récidive où les juges devront alors reconnaître au délinquant des garanties exceptionnelles de réinsertion.

Nous dénonçons l’esprit particulièrement régressif de ce texte qui fait de la peine d’emprisonnement le centre de la réponse pénale. L’objectif de dissuasion qu’il poursuit nous apparaît totalement illusoire et même contre-productif. Les prisons françaises, nous le savons, ne sont pas le lieu où l’on réinsère mais un lieu où l’exclusion et la violence aggravent souvent les problématiques des plus fragiles.

Or, mécaniquement, ce projet de loi est une machine à créer de l’enfermement à un moment où la France atteint un taux d’incarcération inégalé depuis 1945. La peine de mort n’a jamais dissuadé du crime et les systèmes étrangers qui ont choisi de recourir aux peines planchers n’ont jamais démontré leur capacité à lutter contre la délinquance.

La lutte contre la récidive est une nécessité et nous y adhérons si la sanction s’inscrit dans la prise en charge de ceux qui ont enfreint la loi.

Nous n’acceptons pas le renoncement à l’éducation de nos enfants, fûssent-ils délinquants récidivistes. Nous considérons qu’afficher la prison comme seule réponse aux malaises de nos adolescents violents marque l’échec de notre société à les accompagner vers l’insertion sociale.

Depuis de nombreuses années, les moyens donnés aux secteurs social et éducatif fondent comme neige au soleil, traduisant une volonté politique déterminée d’affecter tous les crédits au secteur carcéral. Ainsi, lorsqu’un juge des enfants ordonne une mesure d’assistance éducative pour un enfant en danger, il doit le plus souvent attendre des mois pour que la mesure soit effectivement mise en oeuvre. De la même façon, les juges de l’application des peines et les services pénitentiaires d’insertion et de probation qui sont chargés de la mise en place des mesures alternatives à la prisons prononcées par les tribunaux, n’ont pas été dotés des moyens à la hauteur de leurs missions.

Dans ce contexte, constater l’échec de l’éducatif pour durcir le système répressif relève de l’escroquerie et confine à la caricature.

C’est un choix de société que nous ne pouvons admettre.

Nous appelons tous ceux qui partagent notre vision d’une société solidaire et responsable à s’unir contre ce projet de loi.

4 juillet, 2007

Gauche : à quoi sert de survivre si c’est pour ne plus rien changer !

Classé sous coup de colere — maresistance @ 18:45

Réponse à Cohn-Bendit, Zaki Laïdi, et les autres… qui dans leurs tribunes à Libération exhortent la gauche à changer dans un sens libéral sous peine de mourir !

La défaite est sévère. Certains seront tentés, comme en 2002, de refermer le couvercle sur les raisons profondes de l’échec et d’attendre tranquillement la prochaine échéance électorale. L’heure est au contraire à la réflexion et à l’action pour contribuer à une refondation. C’est en effet à un réarmement idéologique, politique, culturel, et à une clarification d’orientation qu’il faut s’atteler à gauche.
Après cinq ans de pouvoir d’une droite dure, le « sortant » Nicolas Sarkozy aura réussi à faire oublier les politiques brutales de démantèlement social et démocratique dont il aura été un acteur essentiel et à se faire passer pour un homme « neuf » prônant la « rupture ». Ne sous-estimons pas sa méthode : depuis dix ans, il affirme sa fierté d’être à droite, il travaille à la cohérence d’une idéologie, d’un discours et d’une perspective agrégeant les diverses valeurs de la droite, mariant ultralibéralisme et autoritarisme, « laisser faire » économique et ordre sécuritaire et identitaire. Il n’a pas dévié de cette ligne ; il en recueille les fruits.
Nous savons ce qui nous attend : une politique de contre-révolution libérale et conservatrice. Sur tous les terrains, il va falloir résister, pied à pied. Mais la lutte sera d’autant plus efficace qu’elle pourra s’appuyer sur une amorce d’alternative globale. On conteste d’autant plus et mieux que l’on sait par quoi remplacer ce que l’on refuse.
L’heure du choix d’orientation à gauche est clairement venue. Certains disent aujourd’hui que l’échec provient de la division de la gauche et de son insuffisante adaptation au libéralisme. Selon eux, il faudrait donc la rassembler autour d’une politique dite « réaliste », renonçant à contester l’ordre capitaliste, préparant les alliances au centre. Mais cette option, nourrie d’autres expériences européennes, a été au coeur de la campagne socialiste depuis quelques mois ! Ne tirant aucune leçon du 21 avril 2002, Ségolène Royal, aura tenu un discours de facture libérale sur le « goût du risque », « l’esprit d’entreprendre », le refus de « l’assistanat », la réconciliation avec le profit, allant jusqu’à disputer à Sarkozy une part du discours sécuritaire et identitaire. Ce parti pris, accentué entre les deux tours, a désorienté l’électorat de gauche. Nous sommes convaincus que c’est l’une des clés de la défaite. L’adaptation sociale-libérale et l’ouverture au centre n’ont rien produit de bon, ni en France ni ailleurs en Europe. Cela a nourri les échecs des politiques menées par la gauche et le désarroi populaire depuis plus de vingt ans .
Nous pensons que la gauche ne renouera avec les catégories populaires que si elle contribue à construire avec elles une alternative moderne, crédible et mobilisatrice. C’est en refusant la fatalité libérale que le mouvement populaire a retrouvé son allant dans la dernière décennie. C’est parce que la gauche de gauche n’a pas offert de prolongement unitaire à la campagne du « Non » au référendum européen et aux mobilisations sociales, qu’elle n’a pas été en mesure de peser sur le débat électoral et d’empêcher la droitisation des thèmes de campagne. Elle a, au total, réalisé, son plus mauvais score électoral depuis vingt ans, affaiblissant en conséquence la mobilisation de la gauche tout entière.
L’urgence est certes de se rassembler pour faire front, et ce dès les législatives, mais aussi de reprendre l’offensive sur le terrain des idées et des propositions autour de contenus transformateurs et attractifs.
Une gauche molle n’est pas l’outil politique adéquat face à la contre-révolution libérale ; quant à une « petite » gauche, elle serait cantonnée au rôle d’aiguillon minoritaire d’un social-libéralisme hégémonique. C’est à une refondation qu’il faut s’atteler, de la gauche, d’une gauche qui soit à gauche. Une gauche qui assume sans complexe sa vocation à répondre aux attentes populaires. Une gauche fidèle à ses valeurs et qui se renouvelle. Une gauche qui cesse de se dérober à la rupture avec l’ordre libéral et capitaliste dominant. Une gauche qui ne cherche pas son salut dans des alliances à droite ou le « dépassement des clivages ». Une gauche qui mette l’émancipation individuelle et collective au cœur de son projet et vise la conquête de nouveaux droits et libertés. Une gauche qui donne la priorité à la satisfaction des besoins du plus grand nombre, qui relève le défi du partage des richesses et des pouvoirs, qui défende un nouveau modèle de développement respectueux des équilibres écologiques, qui replace la souveraineté populaire au cœur de ses propositions pour la France et pour l’Europe.
Ce projet peut et doit l’emporter demain à gauche. C’est la condition d’une future victoire sur la droite et sa politique. Regardons autour de nous, sans nous engluer dans la déprime ou les rancœurs. Il y a celles et ceux qui se sont retrouvés derrière les candidatures d’Olivier Besancenot, de José Bové ou Marie-George Buffet. Il y a ces collectifs unitaires antilibéraux qui, localement, ne se sont pas résignés à l’échec de l’unité antilibérale. Il y a les acteurs sociaux qui savent combien l’absence d’alternative politique pèse sur l’issue de leurs luttes. Il y a les forces intellectuelles et culturelles critiques qui ne demandent qu’à être utiles au champ politique. Il y a, très nombreux, celles et ceux qui, socialistes, écologistes, républicains de gauche, d’autres encore, dans la jeunesse notamment, partagent la nécessité de reconstruire une gauche loin de toute normalisation social-libérale. Notre défi commun est clair : nous avons échoué pour n’avoir pas su agréger dans une visée commune toutes ces énergies antilibérales et transformatrices ; nous ne réussirons qu’en les rassemblant, dans leur diversité, sans nier leurs différences, en valorisant la part immense qui leur est commune.
La gauche doit enfin tirer le bilan de 25 ans de renoncement à être elle-même. Nous devons, très vite, redresser la tête pour résister et réfléchir ensemble : à ce qui nous est arrivé, à ce que nous voulons tous ensemble qu’il advienne. Nous avons besoin d’espaces partagés pour penser, converger, débattre, agir.
A l’automne, partis et courants politiques, collectifs et comités, tiendront congrès, assises, colloques… Au-delà, pour refonder une gauche de gauche, des convergences seront nécessaires. Pour rassembler de façon très large toutes les forces attachées à la transformation sociale, il faut entamer un processus de rapprochement pouvant déboucher sur un moment fort du type États-Généraux. Nous versons cette perspective au débat.
Après la défaite, l’heure pour la gauche est d’être maintenant, à gauche !
Le 10 mai 2007

Eric COQUEREL (président Mars Gauche Républicaine) – Claude DEBONS (ex-coordinateur collectifs du 29 mai)) – Charlotte GIRARD (secrétaire nationale PRS) – François LABROILLE (élu régional IDF Alternative Citoyenne) – Patrice LECLERC (conseiller général communiste 92) – Jacques LERICHOMME (syndicaliste) – Claude MICHEL (syndicaliste) – Christian PICQUET (LCR Unitaire) – Catherine TRICOT (communiste unitaire) – José TOVAR (syndicaliste).

Les adolescents ne sont pas des adultes.

Classé sous coup de colere — maresistance @ 18:34

Un des premiers projets de loi, présenté à l’assemblée nationale dès Juillet 2007, conduit à faire juger les adolescents âgés de 16 à 18 ans, comme des majeurs, en cas de récidive. Ces adolescents seront traités comme des adultes. Des professionnels de l’enfance, magistrats, avocats, pédopsychiatres, éducateurs, enseignants, spécialistes de la jeunesse lancent un appel pour que soit conduite une évaluation des politiques publiques, en concertation avec tous les acteurs concernés, et que soient attribués des moyens sérieux aux politiques qui permettent l’éducation de ces adolescents.

Si vous souhaitez vous associer à l’appel si-dessous :
adresse : http://www.appel-adolescents.org

L’adolescence est l’âge de tous les possibles. C’est aussi l’âge de tous les défis, des prises de risques, de l’entraînement réciproque. Le nombre des suicides, d’accidents de la circulation, de violences subies, et la surconsommation d’alcool ou de drogues sont les signes de la fragilité de cet âge

Une petite minorité s’engage dans la délinquance, parfois avec violence. Devons nous traiter ces adolescents délinquants comme des adultes, alors qu’aucun débat n’a eu lieu sur l’age de la majorité, et vouloir les envoyer, plus nombreux encore, en prison ?

Cela peut être l’effet du projet de loi présenté par le gouvernement, qui entend faire juger les adolescents âgés de 16 à 18 ans comme des adultes, et durcir les peines de prison, en cas de récidive. En l’état du texte, par exemple, un vol de portable, commis après deux précédents vols, pourra conduire, sauf exception, un adolescent de 16 ans pendant deux ans en prison, peine plancher minimum. Il en résultera une augmentation importante du nombre d’adolescents détenus.

Aujourd’hui, en France, 15 millions de jeunes poursuivent des études au delà de 20 ans, vivent en couple à 25 ans, ont un premier enfant à 30 ans. La prolongation des études et aussi l’accès difficile à un premier emploi, retardent, pour tous les jeunes, l’entrée dans la vie adulte. Sur ces 15 millions de jeunes, 15 000 d’entre eux âgés de 16 et 17 ans sont interpellés plusieurs fois dans l’année. La plupart de ces adolescents sont déscolarisés depuis l’age de 14 ans, sans qualification ; ils ne parviennent pas à accéder à un premier emploi. Se percevant comme inutiles, humiliés par les échecs répétés, ils «traînent», provoquent, commettent ensemble la plupart de leurs infractions. Ce sont ces adolescents qui, seuls, seraient traités comme des adultes ? Ce sont ces adolescents pour lesquels la France abandonnerait tout effort d’éducation? Trois mille trois cent cinquante d’entre eux ont été en prison en 2006. Faire de l’enfermement la seule réponse « automatique » à la délinquance des mineurs est une impasse ; dangereuse pour les adolescents, à cet âge de la vie, et inefficace pour la société quand nous connaissons l’importance de la récidive à la sortie de prison.

D’autres sanctions existent, qui réparent sans exclure, et permettent un nouveau départ. Nous devons aussi oser nous engager dans la réussite des programmes éducatifs, des internats éducatifs qui structurent ces adolescents, des classes relais, des centres de jour, des maisons des adolescents, qui les inscrivent dans un projet. Leur efficacité est démontrée. Elle serait encore plus forte si elle était appuyée par des budgets à la hauteur de ces enjeux.

A l’heure de l’ouverture politique et de la modernisation proclamée, nous demandons un moratoire sur le texte en projet, l’ouverture d’un « Grenelle de l’adolescence » pour mener un débat serein sur la délinquance des adolescents, une évaluation des politiques publiques et des réformes législatives successives, pour dégager un consensus sur l’insertion de tous les jeunes.Conscients de notre responsabilité d’adultes, nous souhaitons que l’adolescence fasse l’objet d’une politique audacieuse de la jeunesse, à la mesure des espoirs et des fragilités dont est porteuse cette période de la vie.

2 juillet, 2007

L’Electricité libre jusqu’à l’absurde

Classé sous coup de colere — maresistance @ 8:06

Article publié dans LE MONDE | 29.06.07

Le 1er juillet, la France achèvera le processus de libéralisation de l’électricité. Après les entreprises et les professionnels, ce sera au tour des particuliers de goûter aux délices de l’ouverture à la concurrence. Mais le plat risque de ressembler plus à de la junk food qu’à une création gastronomique.

Le bilan de l’ouverture à la concurrence s’avère en effet catastrophique et ce, quel que soit le pays. Entre 2001 et 2006, les prix du marché ont connu une envolée spectaculaire : 39 % en Espagne, 49 % en Allemagne, 67 % en Finlande, 77 % en Suède, 81 % au Royaume-Uni et 92 % au Danemark ! En France, les entreprises qui ont choisi de quitter les tarifs réglementés de service public ont vu leur facture d’électricité augmenter en moyenne de 76 % sur la même période, quand les tarifs d’EDF restaient à peu près stables.

De nombreux industriels réclament d’ailleurs la possibilité de réintégrer l’univers des tarifs réglementés. Situation si inconfortable que le gouvernement français a complété la loi de décembre 2006 relative au secteur de l’énergie par une disposition permettant un retour partiel aux tarifs réglementés pour les industriels insatisfaits !

Nous sommes donc dans une situation paradoxale. L’ouverture à la concurrence permet de faire baisser les prix, nous disent les bons apôtres du néolibéralisme. Cet argument avait déjà été mis à mal lors de la libéralisation d’autres secteurs relevant auparavant des services publics en réseaux, comme par exemple les télécommunications. Dans ces secteurs, la libéralisation a signifié la fin de la péréquation tarifaire qui avait historiquement permis que les prestations les plus rentables financent celles qui le sont peu ou pas du tout.

L’ouverture à la concurrence a donc entraîné « un rééquilibrage tarifaire », selon l’expression savoureuse de la Commission européenne, avec une baisse de prix pour les gros consommateurs, en particulier les entreprises, la grande masse de la population voyant, au contraire, ceux-ci s’envoler. Les zélateurs de la libéralisation expliquaient que « ce rééquilibrage tarifaire » permettrait aux entreprises de baisser leurs prix, les particuliers étant donc gagnants sur le long terme. On ne peut ici que reprendre ce que disait Keynes aux économistes libéraux de son époque : « Sur le long terme, on sera tous morts. »

On savait après les premières libéralisations dans les services publics que la promesse d’une baisse des prix relevait de la pure propagande pour la grande majorité de la population. Dans le cas de l’électricité, même la plupart des entreprises n’en profiteront pas ! On a là un exemple parfait de l’application dogmatique des préceptes néolibéraux.

Mais ce n’est pas tout. L’ouverture à la concurrence pousse au sous-investissement, ce d’autant plus qu’elle s’accompagne d’une privatisation des opérateurs publics. Investir dans les services en réseaux coûte cher. Dans le cas de l’électricité, cela coûte d’autant plus cher qu’il faut investir dans des moyens de production pour lesquels le retour sur investissement prend beaucoup de temps. On est donc loin de la logique à court terme du capitalisme financier. La volatilité des prix sur le marché de l’électricité et l’absence de visibilité sur leur évolution renforcent encore cette tendance au sous-investissement, qui produit inévitablement des ruptures d’approvisionnement des usagers.

De plus, l’électricité ne se stocke pas. Il faut donc en permanence ajuster l’offre à la demande. Cet équilibre n’était déjà pas simple à assurer avec un seul opérateur. Il devient très compliqué avec l’ouverture à la concurrence quand se multiplient les intervenants, surtout quand ceux-ci ont comme première préoccupation la rentabilité financière. Le risque est donc très important qu’un déséquilibre dans le réseau s’avère impossible à gérer.

Enfin, le transport de l’électricité s’effectue avec des pertes en lignes importantes. Il est donc absurde économiquement et écologiquement de produire de l’électricité dans un pays pour aller la vendre à des milliers de kilomètres de là. L’ambition d’un « grand marché européen de l’électricité », portée par la Commission européenne, est une absurdité dangereuse.

Plus les réseaux sont interconnectés et plus les risques de dysfonctionnement majeur liés au sous-investissement et aux ruptures d’équilibre dans le réseau s’aggravent. Le cas de la Californie est emblématique, mais n’est pas unique. Les pannes géantes en Espagne, en Italie et, en novembre 2006, à travers l’Europe en sont les manifestations les plus visibles.

La libéralisation est enfin incompatible avec l’objectif prioritaire de sobriété énergétique indispensable pour commencer à résoudre la crise écologique : aucune entreprise ne souhaite voir baisser son chiffre d’affaires et n’a donc intérêt à ce que la consommation diminue ! Au moment où le débat énergétique devient un enjeu citoyen intégrant à la fois les questions du réchauffement climatique, du développement durable et du principe de précaution, on peut douter que la concurrence soit le meilleur moyen d’ouvrir ce débat et de le mener démocratiquement.

Tous ceux qui se sont, un minimum, penchés sur ce dossier savent tout cela. Cette analyse n’est plus vraiment contestée aujourd’hui. Et pourtant la Commission européenne ne renonce pas, et les gouvernements suivent. Sur ce sujet, la « rupture » promise par Nicolas Sarkozy attendra… à moins que, dans les jours qui viennent, la raison l’emporte et que le gouvernement proclame un moratoire sur le processus de libéralisation. Ne rêvons cependant pas, les apôtres du néolibéralisme ont montré qu’ils ne s’encombraient pas du principe de réalité.

Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU ;

Bernard Defaix, président de la Convergence pour les services publics ;

Pierre Khalfa, secrétaire national de l’Union syndicale Solidaires ;

Marc Mangenot, Fondation Copernic ;

Christiane Marty, membre du Conseil d’administration d’Attac.

23 mai, 2007

Sarkozy, président des vieux paysans

Classé sous coup de colere — maresistance @ 17:24

Je me suis amusé à travailler sur les résultats des élections présidentielles par catégories d’âge. Il en ressort, que Sarko a 3 millions de voix de plus que Ségolène chez les plus de 60 ans pour, à l’arriver, tous âges confondus, ne conserver qu’une avance de 2 millions de voix. Ce sont donc bien les plus âgés qui ont mené Sarko au pouvoir.

Sarko n’est pas le président de la France des salariés et de ceux qui voudraient bien l’être , de la France qui se lève tôt le matin pour gagner une misère le plus souvent, de la France d’en bas, comme disait quelqu’un. C’est le Président des patrons, des artisans, des professions libérales, des paysans… et des retraités. De ceux qui ont eu la chance de bénéficier de la retraite à 60 ans, de la solidarité intergénérationnelle, et qui préparent pour leurs petits enfants une France de « non droits », une France d’égoïste, une France de l’argent roi, une France contre toute solidarité.

Heureusement que les jeunes ont un peu plus de réflexion. Ils ont reje té Sarko à 58 %. 

Alors oui, les luttes sociales sont légitimes.  Jeunes et Salariés de tous poils , Sarko n’est pas notre Président, nous ne l’avons pas élu. Faisons lui savoir, dans les grèves à venir, dans les manifs à venir. Partout où nous en aurons l’occasion.

21 mai, 2007

Marché de dupe ou bal des menteurs ?

Classé sous coup de colere — maresistance @ 21:58

Martin Hirsch, nouveau « haut-commissaire aux solidarités actives » dans le gouvernement Sarkozy, pardon Fillon, déclare dans « Le Monde » daté des 20 et 21 mai, être « moins impliqué que les autres membres du gouvernement  dans les choix politiques qui seront effectués en dehors de mon champ d’attribution. Je reste dans l’engagement non partisan qui était le mien jusqu’à présent ».

Dans le même numéro du Monde, Bernard Kouchner explique pourquoi il a accepté. Il précise : « En me faisant l’honneur de me proposer de diriger la diplomatie de la France, le président de la République n’a pas imaginé que je devienne  sarkozyste » et encore « J’ai été et je demeure un homme libre, militant d’une gauche ouverte, audacieuse, moderne, en un mot social-démocrate. En acceptant aujourd’hui de travailler avec des gens qui sur bien des sujets ne pensent pas comme moi, je ne renie pas mes engagements socialistes ».

Pourtant vendredi soir, sur TF1, Fillon, avait affirmé : « Le rôle du chef du gouvernement et le rôle des ministres, c’est de mettre en oeuvre le projet politique de Nicolas Sarkozy ».

Alors, qui a raison ? La réponse n’est pas très compliquée : pourquoi un Président élu largement, qui se prépare à remporter une large victoire aux législatives se contraindrait-il à ne pas appliquer la politique pour laquelle il a été élu ? Politique qui n’est ni socialiste, ni sociale-démocrate, ni de gauche mais qui se réclame bien d’une droite décomplexée, c’est à dire fière de ses idées.

Comme l’affirme Martin Hirsch, ces hommes qui se réclament de la gauche et participent à un gouvernement de droite, ne sont pas dupes. Ils trahissent simplement leur camp pour des ambitions personnelles comme Bernard Kouchner  ou en raison d’un curieuse analyse politique qui laisse croire qu’une politique ultra-libérale peut déboucher sur une prise en compte des plus pauvres et apporter des réponses en terme de solidarité… comme cela semble être le cas de Martin Hirsch. Ce dernier risque de déchanter très vite !

15 mai, 2007

Censure

Classé sous coup de colere — maresistance @ 10:06

Suite à l’affaire « Cecilia qui n’a pas voté », les journalistes du JDD ont publié un communiqué de protestation contre la censure.

 « Après Paris Match, le Journal du Dimanche !

Les journalistes d’Hachette – Lagardère sont une nouvelle fois témoins révoltés et victimes d’une atteinte à la liberté d’expression. Après Paris-Match, qui a été supervisé par le candidat de l’UMP pendant toute la campagne présidentielle, jusque dans les choix de couverture, c’est au tour du Journal du Dimanche de se voir censuré par la direction du groupe Lagardère pour plaire au nouveau président élu, à moins que ce ne soit sur son ordre.

Dimanche 13 mai, le JDD est sorti sans un article consacré au fait que Cécilia Sarkozy n’avait pas voté dimanche 6 mai, après enquête auprès de la Préfecture des Hauts de Seine. L’article a été supprimé samedi soir par le directeur de la rédaction, Jacques Espérandieu, sur ordre d’Arnaud Lagardère, expliquant qu’il s’agissait, tout à coup, d’un article sur la vie privée du couple présidentiel…

Les listes d’émargement étant publiques, le vote est un acte civique et on privé, le sujet n’est donc ni d’ordre privé ni une affaire d’Etat. les journalistes du SNJ-CGT et de l’USJ-CFDT dénoncent avec vigueur cette nouvelle ingérence de la direction du groupe Lagardère dans la ligne éditoriale des titres Hachette-Lagardère. Une censure en totale contradiction avec l’engagement pris par le nouveau patron des rédactions de HFA, Christian de Villeneuve, auprès des sociétés de journalistes à son arrivée, en décembre 2006. En contradiction aussi avec l’engagement d’Arnaud Lagardère lui-même auprès des délégués syndicaux du groupe à la même époque.

Nous ne cesserons de dénoncer et de combattre de telles pratiques.

Nous appelons les journalistes du groupe Lagardère à dénoncer, eux aussi, de telles ingérences et surtout à les refuser, dans l’esprit déontologique de notre convention collective ».

C’est signé par le SNJ CGT, USJ CFDT.

27 avril, 2007

La manipulation du jour : les chiffres du chômage….

Classé sous coup de colere — maresistance @ 7:52

Scelle

Le chômage a baissé en mars ! En voila une bonne nouvelle pour le gouvernement entre les deux tours des élections présidentielles ! Mais qu’est-ce que le chômage ? Pour le gouvernement, c’est simple : les chômeurs sont seulement ceux qui cherchent un travail en CDI, à temps plein et sont immédiatement disponibles (catégorie 1 de l’ANPE). Cette conception écarte donc tous les précaires qui vont de CDD en petits boulots, de stages bidons en période de chômage. C’est à dire ceux relevant des 7 autres catégories de l’ANPE.

Si les chiffres de la catégorie 1 diminuent c’est avant tout en raison de l’évolution du travail lui-même vers la précarité et en raison de la pression exercée sur les privés d’emploi afin qu’ils acceptent n’importe quel boulot mal payé, en CDD court dans l’objectif de les sortir des statistiques officielles. On le sait aujourd’hui, plus de 70% des offres d’emploi sont des CDD inférieurs à 6 mois.

Alors assez de manipulation. Comme les réactions de plus en plus vives à ces publications mensuelles le montrent, cela ne passe plus ! Les salariés, les chômeurs ne sont pas dupes. La réalité c’est qu’en France plus de 4,5 millions de personnes sont privées d’un emploi digne de ce nom, la réalité c’est l’explosion du nombre de travailleurs pauvres. Pauvres car précaires, pauvres car employés à temps partiel, pauvres car sous payés.

26 avril, 2007

Le scandale du jour.

Classé sous coup de colere — maresistance @ 8:00

ScelleIl est 6h, le radio réveil se met en marche. Pile les infos. Et on apprend que les salariés d’Airbus sont en grève… Ils ne supportent pas qu’on leur supprime leurs primes ( ou qu’on les passe de plus de 3 000 euros à 4 euros). Raison invoquée : les problèmes financiers de l’entreprise ne permettent pas, cette année, d’aller au-delà des 4 euros.

Comment des dirigeants d’entreprise peuvent-ils penser qu’une telle décision laissera les salariés sans réaction, alors que ces mêms dirigeants ( dont le gouvernement) ont voté un parachute à Noël Forgeat de 8,5 millions d’euros acompagné d’une prime mensuelle de 100 000 euros ?

Si cela n’est pas de la provocation, ça y ressemble ! Pire c’est une insulte au travail des salariés d’Airbus qui ne sont pour rien dans les dificultés de l’entreprise alors que Forgeat y est , lui, pour beaucoup.

Les salariés d’Airbus ont raison d’être en colère et en grève et de ne pas supporter qu’on les insulte. Respect.

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