Ultrarésistance

21 février, 2008

Entretien avec Victor Hugo

Classé sous culture — maresistance @ 16:43

Si Victor Hugo revenait aujourd’hui, il ne serait pas tellement désorienté par le monde politique ! (Toutes les réponses de Hugo proviennent de son ouvrage « Napoléon le Petit », pamphlet républicain contre Napoléon III.)

Question : Vous semblez vous tenir très informé de l’actualité politique française. Quel regard portez-vous sur notre nouveau président ?
Victor Hugo : Depuis des mois, il s’étale ; il a harangué, triomphé, présidé des banquets, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue… Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas. Des panégyristes, il en a plus que Trajan. Une chose me frappe pourtant, c’est que dans toutes les qualités qu’on lui reconnaît, dans tous les éloges qu’on lui adresse, il n’y a pas un mot qui sorte de ceci : habilité, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée et conduite, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises. Fausses clés bien faites. Tout est là… Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète.
Question : Derrière cette folle ambition personnelle décelez-vous une vision politique de la France, telle qu’on est en droit de l’attendre d’un élu à la magistrature suprême ?
Victor Hugo : Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne l’assaisonnait de cette façon. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit, et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve si énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l’aventure et l’aventurier… On ne trouve au fond de l’homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l’argent…Faites des affaires, gobergez-vous, prenez du ventre ; il n’est plus question d’être un grand peuple, d’être un puissant peuple, d’être une nation libre, d’être un foyer lumineux ; la France n’y voit plus clair. Voilà un succès.

Question : Que penser de cette fascination pour les hommes d’affaires, ses proches ? Cette volonté de mener le pays comme on mène une grande entreprise ?
Victor Hugo : Il a pour lui désormais l’argent, l’agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort et tous les hommes qui passent si facilement d’un bord à l’autre quand il n’y a à enjamber que la honte…Quelle misère que cette joie des intérêts et des cupidités… Ma foi, vivons, faisons des affaires, tripotons dans les actions de zinc ou de chemin de fer, gagnons de l’argent ; c’est ignoble, mais c’est excellent ; un scrupule en moins, un louis de plus ; vendons toute notre âme à ce taux ! On court, on se rue, on fait antichambre, on boit toute honte…une foule de dévouements intrépides assiègent l’Elysée et se groupent autour de l’homme… C’est un peu un brigand et beaucoup un coquin. On sent toujours en lui le pauvre prince d’industrie.

Question : Et la liberté de la presse dans tout çà ?
Victor Hugo (pouffant de rire) : Et la liberté de la presse ! Qu’en dire ? N’est-il pas dérisoire seulement de prononcer ce mot ? Cette presse libre, honneur de l’esprit français, clarté de tous les points à la fois sur toutes les questions, éveil perpétuel de la nation, où est-elle ?

20 juin, 2007

L’Argent des Autres de Jerry Sterner – La Criée – Marseille

Classé sous culture — maresistance @ 15:02

« Restructuration c’est le mot qui évite de s’excuser à Wall Street ». Jerry Sterner
Comment le capitalisme est en train de s’auto détruire : en hypothéquant l’avenir industriel par la spéculation à court terme. L’Argent Des Autres montre le combat à mort entre l’industrie et la finance. Le cynisme du spéculateur nous ferait regretter le patron paternaliste du capitalisme Rhénan ! Même si la démonstration au paper board, que l’entreprise vaut plus chère morte que vivante nécessite quelques connaissances comptables, la pièce de Jerry Sterner démonte le mécanisme des raiders : racheter les actions, fermer l’entreprise, réaliser la plus value et … aller « investir » ailleurs ! « Larry le liquidateur », spéculateur de son état est un prédateur sans humanité, dont la capacité de money marker (faiseur de fric) s’appuie sur le fait qu’il ne sait pas quoi faire d’autre de sa vie. Il accumule un paquet d’argent en détruisant des existences ; paquet de fric qui lui survivra…inutilement.

La mise en scène de Daniel Benoin est consciencieuse, les décors manichéens montrent tour à tour le vide sidéral du bureau de Larry à New York opposé à la saleté de celui du capitaine d’industrie poussiéreux ! La bande son « money for nothing » de Dire Straits accompagne des images vidéo qui contextualisent. La chute de la pièce est le fameux « Oh shit » du vidéaste amateur, à Manathan, le 11 septembre 2001. Lutte des classes ou choc des civilisations ?

4 juin, 2007

A.G.C.S.

Classé sous culture — maresistance @ 8:32


VIENT DE PARAITRE

L’AGCS. Quand les Etats abdiquent face aux multinationales

par Raoul Marc Jennar et Laurence Kalatafidès

122 pages. Editions Raisons d’Agir, 27, rue Jacob, 75006 Paris. 6 euros.

Engendrée sous la pression des milieux d’affaires, assemblée dans les couloirs de l’Organisation mondiale du commerce, une formidable machine à détruire les services publics mondiaux entre en action : l’Accord général sur le commerce des services, plus connu sous son sigle AGCS. Son objectif : libéraliser tous les services en supprimant un à un les obstacles au commerce.

L’AGCS autorisera par exemple une multinationale à poursuivre pour concurrence déloyale une commune qui subventionne sa cantine scolaire.

Chercheurs indépendants, Raoul Marc Jennar et Laurence Kalatafidès expliquent les origines, et les conséquences de cet accord. Sa mise en œuvre faisant l’objet de négociations successives, l’AGCS menace à terme l’enseignement, la santé, la culture et l’accès à l’eau potable.

Comprendre le fonctionnement de cette canonnière libérale conçue hors de tout contrôle démocratique, c’est se donner les moyens de l’enrayer.

26 avril, 2007

Le Pas de l’Oiseau

Classé sous culture — maresistance @ 17:02

emoticone« Le Pas de l’Oiseau » est le nom d’une compagnie de théâtre basée dans un minuscule village des Hautes Alpes, Oze.

Leur théâtre est un engagement, ils ont créé des spectacles sur Jaurès, sur le Front Populaire et un dernier

« Ceux d’entre nous – Mémoire de résistances ».

« D’où viennent-ils ? Qui sont-ils ? Où ont-ils refusé d’aller ?. Il y a des bons et des méchants, des rats et des souris, des témoignages, des chansons et des surprises ». Ca parle des résistances, hier et aujourd’hui.

Ils seront en Avignon du 21 au 25 juillet 2007, au Festival off, à 21h30, Théâtre de la Rotonde.

 

http://lepasdeloiseau.monsite.wanadoo.fr

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